Appuyer (v. tr., intr. et pron., verbe)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

v. tr., intr. et pron. 

(se conjugue comme Broyer ). XI e siècle. Emprunté du latin populaire * appodiare, « soutenir », dérivé de podium (terme d'architecture), « socle, balcon, support ».

I. V. tr.
1. Soutenir au moyen d'un appui, d'un support, d'un renfort. Appuyer une muraille par des piliers, un édifice par des arcs-boutants. Appuyer un jardin en terrasses par un mur.
2. Placer, disposer contre une chose qui sert de soutien, d'appui. Appuyer une échelle à un arbre. Appuyer une étagère contre un mur. Appuyer une maison contre une autre, contre un coteau, la bâtir de manière qu'elle prenne appui sur une autre maison, sur un coteau. Par anal. Appuyer une troupe à un bois, à un marais, la disposer de manière qu'elle touche un bois, un marais, et ne puisse être attaquée de ce côté par l'ennemi.
3. Faire peser sur ; presser contre. Appuyer ses coudes sur une table. Appuyer sa tête sur ses mains. Il lui appuya le genou sur la poitrine, le révolver contre la tempe. Appuyer l'éperon à un cheval, lui appliquer fortement l'éperon.
4. Renforcer une chose par une autre, qui lui sert de justification, de preuve. Il appuie son raisonnement sur de nombreux exemples. Sur quoi appuyez-vous cette affirmation ?
5. Fournir une aide, une protection, un soutien à ; apporter un encouragement, une caution à. Il appuie son protégé de tout son crédit. Il vous appuiera auprès du ministre. Appuyer une demande, une proposition, une candidature. L'aviation appuyait l'infanterie au cours de l'offensive.

Appuyer les chiens, les animer du cor et de la voix


II. V. intr.
1. Reposer sur. La voûte appuie sur des colonnes. Un pied de la table n'appuie pas sur le sol.
2. Exercer une pesée, une pression sur. Appuyer sur la sonnette, sur une pédale. Appuyez davantage pour obtenir un trait plus net. Appuyer légèrement, fortement sur le bouton. Ce cheval appuie sur le mors, il porte la tête basse et fatigue la main du cavalier. Spécialt. Appuyer sur la droite, sur la gauche, à droite, à gauche, se porter vers cette direction. Dans le tournant, le conducteur devra sur la droite. Expr. fam. Appuyer sur le champignon, sur la pédale d'accélération d'une automobile et, par ext., conduire très vite.
3. Par anal. Faire ressortir quelque chose en l'accentuant, en lui donnant une intensité ou une durée particulière. Appuyer sur un mot, sur une syllabe. Appuyer sur une note de musique.
4. Fig. Insister sur ; désigner avec insistance à l'attention. L'avocat n'a pas assez appuyé sur ce point. Il faut davantage sur l'importance de cette découverte, sur la nouveauté de cette idée. Expr. fam. Glissez, mortels, n'appuyez pas, n'insistez pas. Appuyer sur la chanterelle, sur la pédale, insister outre mesure sur un point délicat.

III. V. pron.
1. Faire porter son poids sur ; prendre un soutien contre. Il s'appuyait sur un bâton, sur la table, contre la muraille. S' sur les avant-bras. Appuyez-vous sur moi, contre mon épaule. Par anal. Notre maison s'appuie contre la maison voisine.
2. Faire fond sur la protection, le soutien de quelqu'un ; se servir de quelque chose pour justifier son opinion, ses dires, pour affirmer ses droits. Il sait qu'il peut s' sur sa famille. Je m'appuie entièrement sur vous. Nous nous appuyons sur la loi. S' sur l'autorité des anciens, sur un passage de l'Écriture. Je m'appuie sur vos propres affirmations.
3. Pop. Accomplir, par obligation, un travail pénible, une tâche fastidieuse. J'ai dû m' toutes les corvées.


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Verbe 

Soutenir par le moyen d'un appui. "Appuyer une muraille par des piliers. Appuyer un édifice par des arcs boutants. Appuyer par un mur de terrasse un jardin élevé. S' sur un bâton. Il s'appuyait sur la table, contre la muraille, contre un arbre. Il s'était appuyé sur la balustrade. S' sur le coude. Elle s'était appuyée sur moi, sur mon épaule."
"Appuyer une chose contre une autre," La placer contre une autre qui la soutienne. "Appuyer une échelle contre la muraille."
"Appuyer une maison contre une autre, l' contre un coteau," La bâtir contre une autre maison, la bâtir contre un coteau.
"Appuyer la gauche, la droite d'une armée à un bois, à un marais, etc.," La disposer de manière qu'elle touche à un bois, à un marais, etc., et ne puisse être attaquée de ce côté par l'ennemi. "La droite, la gauche de l'armée s'appuyait à un bois, à un marais, etc."
Il signifie aussi figurément Fortifier une chose par une autre. "Appuyer son opinion sur de bonnes raisons. Il appuya mon opinion en peu de mots. Il appuie son sentiment du témoignage des anciens. Il lui donnait des leçons qu'il appuyait de son exemple. Sur quoi appuyez-vous ce que vous dites? Il appuie sa prétention de titres bien en règle."
En termes de Chasse, "Appuyer les chiens," Les animer du cor et de la voix.
Il a aussi le sens d'Aider, protéger. "Appuyer une personne. Cet homme est bien appuyé. Il l'appuiera de tout son crédit. Appuyer une proposition. Appuyer une demande, une affaire. Appuyer une attaque par des troupes fraîches."
Fig., "S' sur un roseau," Mettre son appui, son espérance en une personne qui n'a aucune énergie.
Fig., "S' sur l'autorité, sur le crédit, sur la faveur de quelqu'un," ou simplement, "S' sur quelqu'un," Faire fond sur la protection de quelqu'un. On dit aussi "S' de l'autorité, du crédit, etc."
"S' sur l'autorité des anciens, sur un passage de l'Écriture, sur un usage reçu, etc.," Se servir de l'autorité des anciens, d'un passage de l'Écriture, d'un usage reçu, etc., pour soutenir ce qu'on dit.
APPUYER signifie aussi Faire peser une chose sur une autre. "Il lui appuya le genou sur la poitrine. Appuyer ses mains, ses bras, ses coudes sur une table. Il appuie beaucoup le pied en marchant. Vous appuyez trop la plume, le crayon."
En termes de Manège, "Appuyer l'éperon à un cheval," Lui appliquer fortement l'éperon. "Appuyer des deux," Appliquer les deux éperons en même temps.
En termes d'Escrime, "Appuyer la botte," Appuyer le fleuret sur le corps de son adversaire après l'avoir touché. Il signifie aussi figurément et familièrement Adresser à quelqu'un un trait qui le presse et l'embarrasse.
Il est aussi intransitif avec le sens de Peser sur, être porté sur. "Cela n'a pas bien marqué, on n'a pas assez appuyé. Pour bien écrire, il ne faut pas . Appuyer fortement, légèrement. Les murs sur lesquels le plancher appuie. Une voûte qui appuie sur des colonnes, sur des piliers."
En termes de Manège, "Ce cheval appuie sur le mors," Il porte la tête basse et fatigue la main du cavalier.
"Appuyer sur la droite, sur la gauche," ou "Appuyer à droite, à gauche," Se porter vers la droite, vers la gauche. Cela se dit surtout en parlant de Plusieurs personnes rangées sur une même ligne, les unes à côté des autres. "Appuyez un peu à droite."
En termes de Musique, "Appuyer sur une note," Y demeurer plus ou moins longtemps.
"Appuyer sur un mot, sur une syllabe," Les prononcer avec une élévation de voix plus ou moins sensible. "J'appuyai sur les derniers mots, pour qu'il les comprît mieux. Dans les mots de plusieurs syllabes, il y en a toujours une sur laquelle on appuie plus fortement que sur les autres."
Fig., il signifie Insister. "Vous avez trop appuyé sur ce fait. L'avocat n'a pas assez appuyé sur cette raison. Il devait davantage sur cette demande, sur la fausseté de cette pièce." Absolument, "Glissez, n'appuyez pas."



Dictionnaire d'Emile Littré

Verbe 



 1   Donner un appui à. Appuyer une muraille par des piliers. Appuyer un édifice par des arcs-boutants.
    Appuyer contre, faire porter une chose contre une autre, de manière qu'elle soit soutenue ou abritée. Appuyer l'échelle contre le mur.
    Appuyer sur, poser sur ce qui peut soutenir. Appuyer ses mains, ses coudes sur une table.

 2   Fig.
PASC.: « Vous n'appuyez votre bonheur que sur le mensonge »
RAC.: « ....En vain sur leur faiblesse appuyaient leur défense »
CORN.: « Un père est toujours père, et sur cette assurance J'ose encore un reste d'espérance »
VERTOT: « C'est bâtir sur la boue que d' les fondements de sa fortune sur l'affection passagère d'une vile populace »

 3   Faire peser. Il appuie trop le pied en marchant. Il lui appuya le genou sur la poitrine.

 4   Tenir tout contre. Il m'appuya son pistolet contre la poitrine.

 5   En termes de manége, l'éperon à son cheval, et elliptiquement, des deux, appliquer l'éperon, les deux éperons à son cheval.

 6   En termes d'escrime, la botte, le fleuret sur le corps de son adversaire après l'avoir touché ; et, figurément, presser, embarrasser quelqu'un.

 7   En termes d'art militaire, la droite d'un corps de troupes à un bois, à un mamelon, la disposer de manière qu'un bois, qu'un mamelon la protége.

 8   En termes de marine, v. a. Soutenir les vergues du bord du vent contre un vent qui souffle grand frais.

 9   Soutenir, aider.
FLÉCH.: « Fallait-il une prétention raisonnable ? »
FLÉCH.: « On ne le voit pas se mettre en peine d' une douteuse réputation par l'intrigue et par la cabale »
RAC.: « .... Vous appuyez vous-même son courroux »
RAC.: « Il venait par la force son partage »
RAC.: « Vous-même en expirant appuyiez ses discours »
RAC.: « Un bruit que j'ai pourtant soupçonné de mensonge, Appuyant les avis qu'elle a reçus en songe »
RAC.: « La sultane, à ce bruit, feignant de s'effrayer, Par des cris douloureux eut soin de l'appuyer »
RAC.: « Et son trouble appuyant la foi de vos discours »
MOL.: « Vous daignerez sa demande »
BOSSUET: « Le pape dont Constant appuya le décret »
VOLT.: « César que Cicéron appuyait au sénat »
VOLT.: « Tu n'as de fils qu'Octave, et nulle adoption N'a d'un autre César appuyé ta maison »
VOLT.: « Un homme savant appuya ce que disait la marquise »
    Absolument.
LA BRUY.: « Personne à la cour ne veut entamer ; on s'offre d'appuyer, parce que jugeant des autres par soi-même, on espère que nul n'entamera, et qu'on sera ainsi dispensé d' »

 10   En termes de chasse, les chiens, les exciter du cor et de la voix.

 11   V. n. Peser fortement sur une chose. Appuyer sur un cachet, sur un burin. N'appuyez pas, l'endroit est sensible.
    Fig. Insister avec force.
BOSSUET: « Cet argument sur lequel on appuie avec tant de force »
HAMILT.: « Il avait un peu trop appuyé sur ce dernier article »
SÉV.: « Je n'ai point appuyé là-dessus et j'ai bien fait »
    En termes de musique, sur une note, y donner plus de force. Appuyer sur un mot, le prononcer avec plus d'intensité.

 12   En termes d'art militaire, sur la droite ou à droite, se porter du côté droit.

 13   En termes de manége, ce cheval appuie sur le mors, il porte la tête basse et fatigue la main du cavalier.

 14   S'appuyer, v. réfl. S'aider, se servir comme d'un appui, d'un soutien. S' contre la muraille. Il s'appuyait sur sa canne.
    Fig. S'appuyant sur la faveur du ministre.
RAC.: « Sur qui dans son malheur voulez-vous qu'il s'appuie ? »
RAC.: « Cependant, cher Osmin, pour s' de moi, L'un et l'autre ont promis Atalide à ma foi »
BOSSUET: « M. de Cambrai prétend s' de Blosius »
BOSSUET: « Il se veut du décret de saint Étienne »

HISTORIQUE
    XIème siècle
     Ch. de Rol. XXXVI: [Il] Vait s'appuier souz le pin à la tige
    XIIème siècle
     Ronc. p. 154: Dueil ot li rois qui s'apuie à Naymon [dont l'appui est en]
     ib. p. 196: L'espée [il] i apoia, par vertu l'a boutée
     Sax. XI: Dux Miles se redresse, si se cuide efforcier, Apuiant à s'espée se tint vers un moustier
     ib. XVIII: Li dus Bueves sans barbe s'apoa à un dois [ductus]
     Th. le mart. 39: La cruiz arceveskal il meïsmes porta, à nul ne l'ad baillie ; car forment se duta ; De sur un banc s'assit et à Deu s'apuia
     ib. 32: Bien se puet apuier li reis à ma reisun
    XIIIème siècle
     Berte, XXXIII: Là s'apoia la bele, qui de plorer fut roe [rouge]
     la Rose, 6534: Mal se volt [il se voulut] ou songe appuier
     Bibl. des Chart. 2e série, t. III, p. 425: Il lui apoia le coustel à costés
BEAUMANOIR: « Mes voisins pot apoier son merien contre mon mur qui joint à li »
BEAUMANOIR: « Et puis s'apoierent à droit sor ce que cascune partie avoit proposé »
JOINV.: « Il m'apoia, au passer que je fis de son glaive entre les deus espaules »
JOINV.: « En ce point que je estoie illec, le roy se vint apuier à mes espaules, et me tint ses deus mains sur la teste »
    XIVème siècle
     Guesclin. 9832: Je croirai vo conseil, bien m'i veil apoier
     ib. 15032: Li maistres de St Jacques a brochié le destrier, Tint sa lance en sa main, l'escu va embracier ; Encontre les deux cents est venus apoier
    XVème siècle
FROISS.: « Adonc furent ordonnées eschelles et mises et appoiées contre le mur »
FROISS.: « Il chevaucha jusques aux murs de la cité, et trouva Jean de Norvich qui s'appuyoit aux creneaux »
    XVIème siècle
MONT.: « On cherche à fermir et nostre religion par la prosperité de nos entreprinses »
MONT.: « Un eschafauld appuyé sur des colonnes »
LANOUE: « Les uns estoient appuyez du Pape, les autres de l'Empereur, et exerçoyent toutes sortes de cruautés »
LANOUE: « Lesquels, venans après à conoistre qu'ils ne sont nullement appuyez, après avoir rompu leurs lances, retournent »
LANOUE: « Serrez et portans leurs piques droites apuyées contre l'espaule »
D'AUB.: « Huict jours après le massacre, il vint une grande multitude de corbeaux s'appuier sur le pavillon du Louvre »

ÉTYMOLOGIE
    Picard, apoier ; wall. aspoï ; namurois, aspouï ; bas-lat. appodiare ; de ad, à, et podium, hauteur, élévation (voy. PUI ou PUY).

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE APPUYER.

 1   ....
    Fig. Ajoutez :
BUSSY-RABUTIN: « Vous êtes trop distraits, vous autres gens du monde ; vous n'appuyez pas sur les plaisirs comme nous autres ermites »

 5   Ajoutez :
    Appuyer la tête au mur, ou, simplement, , se dit du cheval qui se transporte parallèlement à lui-même en conservant une direction plus ou moins oblique.

 8   Ajoutez :
    Appuyer une poursuite, la faire vigoureusement.
JURIEN DE LA GRAVIÈRE: « Les corvettes la Pomone, la Bayadère, la Victorieuse,... appuyèrent une si vigoureuse poursuite aux pirates qu'en moins de dix-huit mois ils en eurent complétement purgé l'archipel »


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Verbe 


Soutenir par le moyen d'un appui. "Appuyer une muraille par des piliers, par des contre-fiches de charpente. Appuyer un édifice par des arcs-boutants. Appuyer par un mur de terrasse un jardin élevé."
"Appuyer une chose contre une autre," La placer contre une autre de manière qu'elle ne puisse tomber. "Appuyer une échelle contre la muraille."
"Appuyer une maison contre une autre, l' contre un coteau," La bâtir contre une autre maison, la bâtir contre un coteau.



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie quelquefois, Poser sur. "Appuyer ses mains, ses bras, ses coudes sur une table."
"Appuyer la gauche, la droite d'une armée à un bois, à un marais, etc.," La disposer de manière qu'elle touche à un bois, à un marais, etc., et ne puisse être attaquée de ce côté par l'ennemi.



3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie aussi, Faire peser une chose sur une autre. "Il lui appuya le genou sur la poitrine. Il appuie beaucoup le pied en marchant. Vous appuyez trop la plume, le crayon."
"Appuyer le mousqueton, le pistolet à quelqu'un," Présenter le mousqueton, le pistolet à quelqu'un à bout portant. On dit de même, et plus ordinairement, "Il lui appuya son pistolet, le bout de son fusil sur la poitrine, etc."
En termes de Manége, "Appuyer l'éperon à un cheval," Lui appliquer fortement l'éperon. "Appuyer des deux," Appliquer les deux éperons en même temps.
En termes d'Escrime, "Appuyer la botte," Appuyer le fleuret sur le corps de son adversaire après l'avoir touché. Il signifie aussi, figurément et familièrement, Adresser à quelqu'un un trait qui le presse et l'embarrasse.



4ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie aussi figurément, Fortifier une chose par une autre. "Appuyer son opinion sur de bonnes raisons. Il appuya mon opinion en peu de mots. Il appuie son sentiment du témoignage des anciens. Il lui donnait des leçons qu'il appuyait de son exemple. Sur quoi appuyez vous ce que vous dites? Il appuie sa prétention de titres bien en règle."



5ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



s'emploie avec le pronom personnel, et signifie, Se servir de quelque chose pour appui, pour soutien; s'aider de quelqu'un ou de quelque chose qui serve d'appui. "S' sur un bâton. Il s'appuyait sur la table, contre la muraille, contre un arbre. Il s'était appuyé sur la balustrade. S' sur le coude. Elle s'était appuyée sur moi, sur mon épaule." On dit aussi, "La droite, la gauche de l'armée s'appuyait à un bois, à un marais, etc."
Fig., "S' sur un roseau," Mettre son appui, son espérance en une personne qui n'a aucun pouvoir.
Fig., "S' sur l'autorité, sur le crédit, sur la faveur de quelqu'un," ou simplement, "S' sur quelqu'un," Faire fond sur la protection de quelqu'un. On dit aussi, "S' de l'autorité, du crédit, etc."
"S' sur l'autorité des anciens, sur un passage de l'Écriture, sur un usage reçu, etc.," Se servir de l'autorité des anciens, d'un passage de l'Écriture, d'un usage reçu, etc., pour soutenir ce qu'on dit.



6ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



est souvent verbe neutre, et signifie, Poser, être porté, soutenu. "Les murs sur lesquels le plancher appuie. Une voûte qui appuie sur des colonnes, sur des piliers."
Il signifie aussi, Peser sur quelque chose. "Appuyez davantage sur le cachet. Appuyer sur le burin. Cela n'a pas bien marqué, on n'a pas assez appuyé. Pour bien écrire, il ne faut pas . Appuyer fortement, légèrement."
En termes de Manége, "Ce cheval appuie sur le mors," Il porte la tête basse et fatigue la main du cavalier.
"Appuyer sur la droite, sur la gauche," ou "Appuyer à droite, à gauche," Se porter vers la droite, vers la gauche. Cela se dit surtout en parlant De plusieurs personnes rangées sur une même ligne, les unes à côté des autres. "Appuyez un peu à droite."
En Musiq., "Appuyer sur une note," Y demeurer plus ou moins longtemps.
"Appuyer sur un mot, sur une syllabe," Les prononcer avec une élévation de voix plus ou moins sensible. "J'appuyai sur les derniers mots, pour qu'il les comprît mieux. Dans les mots de plusieurs syllabes, il y en a toujours une sur laquelle on appuie plus fortement que sur les autres."



7ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie encore figurément, Insister. "Vous avez trop appuyé sur ce fait. L'avocat n'a pas assez appuyé sur cette raison. Il devait davantage sur cette demande, sur la fausseté de cette pièce. Il ne faut pas sur cette triste circonstance."



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)


ou APUYER, v. a. ["Apu-ié".] 1°. Soutenir par le moyen d'un apui. "Apuyer une" muraille "par" des piliers, "par" des arcs-boutans. = 2°. Poser sur.... "Apuyer" une chôse "sur" une autre.
- 3°. Au "figuré", protéger, favoriser. "Apuyer une" affaire, "une" persone, "un" placet, "une" demande. 'Faites la proposition, et "j'apuyerai".
- 4°. Il est "neutre" et sans régime direct, ayant le sens "d'être apuyé". 'Le plancher "apuye sur" les murs; il est posé "sur", il est porté "par" les murs.
   "Rem." 1°. Au fut. et au condit. "apuyer" n'est que de trois syll. en vers.
   Des Princes qu'"apuyeront" des sujets infidèles.
       Gustave.
Le Poète aurait dû écrire "apuiront".
2°. "Apuyer", actif, a quelquefois pour 2d régime la prép. "de". 'Il lui donoit des instructions "qu'il apuyoit de" divers exemples. "Télém."
- "Apuyer" neutre, la prép. "sur". 'Il faut "apuyer sur" les bonnes raisons, et glisser sur les mauvaises.
- "S'apuyer", aussi la prép. "sur". '"S'apuyer sur" des bras de chair, ("sur" les hommes) c'est "s'apuyer sur" des roseaux fragiles.
- "Être apuyé", au "propre", la prép. "contre", ou "sur": il "est apuyé contre" un arbre, "sur" le coude, etc. Au "figuré", les prép. "de" ou "par": sa prétention "est apuyée de" bonnes raisons, "par" de puissantes recommandations, etc.
   3°. "Apuyer" ne se dit point activement des persones, du moins dans le sens propre. M. de "Saint Marc" reprend "Boileau" d'avoir dit de la Piété:
   L'espérance au front gai "l'apuye" et la soutient.
Il faut dire; que la Piété s'"apuyait sur" l'espérance, pour parler selon l'exactitude gramaticale. "Dict. Gram."




Emplacement dans le dictionnaire :

approvisionneur
approximatif
approximation
approximativement
appui
appui-main
appurement
appuyé
appuyée

apre
âpre
âprement
après
aprés
apres
après coup
aprés coup
après tout
aprés-demain
après-demain




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...n'est donc pas, comme on semble parfois le croire, d'ordre intellectuel ; il tient à des causes plus profondes. Nous ne souffrons pas parce que nous ne savons plus sur quelle notion théorique appuyer la morale que nous pratiquions jusqu'ici ; mais parce que, dans certaines de ses parties, cette morale est irrémédiablement ébranlée, et que celle qui nous est nécessaire est seulement en train de...


Citation n°2 de Paul VIDAL DE LA BLACHE (Principes de géographie humaine)

...Mais à défaut d'affinité originelle, le lien géographique qui les relie est assez fort pour les maintenir en cohésion et pour former un faisceau de tous ces êtres, en vertu du besoin qu'ils ont de s'appuyer les uns sur les autres. Il ne tient qu'à nous de voir à l'oeuvre cet effort d'accommodation à un espace donné : une fente de rocher, pour peu qu'il s'y soit niché un peu de poussière, se tapisse de...


Citation n°3 de Henri POINCARÉ (La Valeur de la science)

...d'un autre point. Et en effet, pour que nous puissions appliquer à un continu la règle que j'ai exposée plus haut et par laquelle on peut reconnaître le nombre de ses dimensions, nous devons nous appuyer sur ce fait que deux éléments de ce continu tantôt peuvent et tantôt ne peuvent pas être discernés. Il faut donc que nous sachions dans certains cas nous représenter tel élément et le distinguer...


Citation n°4 de Henri POINCARÉ (La Valeur de la science)

...appelle la science. C'est ainsi que les hommes, désireux de se divertir, ont institué des règles de jeux, comme celle du tric-trac, par exemple, qui pourraient, mieux que la science elle-même, s'appuyer de la preuve du consentement universel. C'est ainsi également que, hors d'état de choisir, mais forcé de choisir, on jette en l'air une pièce de monnaie pour tirer à pile ou face. La règle du...


Citation n°5 de Émile MOSELLY (Terres lorraines)

...bal, avec cette assurance qui ne le quittait jamais, sa haute taille qui dominait tous les autres, ses mouvements aisés de beau danseur. Il avait une façon de prendre la main de sa danseuse et de l'appuyer sur sa hanche. Et il la faisait pirouetter dans la valse, comme si elle n'avait pas pesé plus lourd qu'une plume. Et dans les quadrilles, quand il faisait le cavalier seul, il osait des entrechats...


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